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Système d'Unités Pifométriques - UNM 00-01

 

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4.4 - Unités de longueur et de distance

Le mètre et son cortège de multiples et sous-multiples est l'unité de longueur des systèmes conventionnels qui devrait s'appliquer sans partage. On voit immédiatement le caractère artificiel et imprécis de cette rigidité injustifiée : aux grandes distances, il est abandonné au profit de l'année-lumière ou du parsec, tandis qu'à l'autre bout de l'échelle il est supplanté par le micron ou l'angström.

La pifométrie qui ne saurait s'accommoder d'une telle pagaille a délibérément adopté un système plus restreint mais combien plus riche et judicieux !

4.4.1 Le bout de chemin

Unité de distance parcourue ou à parcourir raisonnablement supportable. Les multiples sont le bon bout de chemin et le sacré bout de chemin.

EXEMPLE : Pour aller bosser, je dois faire un bon bout de chemin.
4.4.2 la trotte

Unité équivalente au bout de chemin, mais en moins supportable. Ses multiples sont la bonne trotte ou la sacrée trotte.

EXEMPLE : Avec cette grève des transports, ça me fait une sacrée trotte pour rentrer.
4.4.3 "... comme ça"

Unité non dénommée exprimée par un geste des deux mains placées parallèles, bras tendus, les paumes face à face. L'usage de cette unité est recommandé lorsque que la mesure a été effectuée sans témoin, car elle se prête particulièrement bien à l'exagération.

EXEMPLE : Machin a un poil dans la main comme ça !
4.4.4 Le pétaouchnock

Unité de très grande distance à laquelle est associée une notion d'incertitude sur la destination.

EXEMPLE : Tels que je les connais, ils vont nous coller la prochaine réunion à pétaouchnock.

 

 

4.5 - Unités de temps

Le temps, grand seigneur de la physique, est une grandeur toute subjective, pour ne pas dire relative.

C'est pourquoi il intéresse au premier chef la pifométrie. Mais bien entendu, les unités qu'elle a adoptées n'ont strictement aucun rapport avec le sablier, le cadran solaire, le chronomètre et autre horloge atomique. Le temps passe, c'est certain, mais de quelle manière ? C'est de cela qu'il est important de rendre compte.

4.5.1 Le bout de temps

Unité de temps classique, employée aussi bien pour le passé que pour l'avenir, avec une notion de légère longueur. Les multiples sont le bon bout de temps et le sacré bout de temps.

EXEMPLE 1 : Ca fait un sacré bout de temps que j'aurais dû boucler ce dossier.
EXEMPLE 2 : Il va attendre un bout de temps avant d'avoir sa rallonge.
4.5.2 L'éternité

Unité considérée comme synonyme du bout de temps mais qui ne s'applique que si ce dernier a été ou sera vraiment difficilement supporté.

EXEMPLE : Ca fait une éternité que j'attends une promotion.
4.5.3 L'instant

Unité strictement équivalente au bout de temps et à l'éternité, mais qui accorde à l'intervalle mesuré un préjugé de décontraction, d'aisance et de légèreté.

EXEMPLE : Je me remets au boulot dans un instant, le temps de finir mon verre.

NOTE : les trois définitions précédentes montrent bien que la pifométrie ne se limite pas à mesurer une grandeur, mais qu'elle en précise aussi la qualité.

4.5.4 Le laps de temps

Unité jadis réservée à une élite mais qui tend à se démocratiser. La certitude apaisante qu'elle induit par essence peut être corrigée en lui associant l'adjectif "certain", ce qui, paradoxalement, lui confère une certaine imprécision, voire une imprécision certaine.

EXEMPLE : Entre la donnée d'un ordre par le gradé et son exécution par le bidasse, il s'écoule un certain laps de temps.
4.5.5 Le bail

Unité s'appliquant toujours au temps passé, avec une connotation de longueur regrettable.

EXEMPLE : Ca fait un bail qu'on n'a pas eu de pot dans le service, dis donc !
4.5.6 La paye

Unité équivalente au bail, qui pourrait faire référence à la durée toujours trop longue qui s'écoule entre deux versements de salaire. S'emploie dans les mêmes conditions.

EXEMPLE : Ca va faire une paye que Machin n'a pas allumé son PC.
4.5.7 La minute

Unité de temps à venir, utilisée pour une mesure a priori. Pour une mesure a posteriori, la minute est qualifiée de coiffeur. Malgré ce que laisse supposer une homonymie aussi fâcheuse que fortuite, cette unité n'a aucun rapport avec la soixantième partie de l'heure. Ses sous-multiples sont la petite minute et la seconde, mais ils n'apportent rien sur le plan de la durée.

NOTE : la minute peut s'employer au pluriel, mais cette opération relève plus de la poésie que de l'arithmétique (voir Règle 1).

EXEMPLE : "Je vous appelle dans une minute", ou bien "Je vous appelle dans une petite minute", ou bien "Je vous appelle dans trois minutes", ou bien "Je vous appelle dans une seconde" ne constitue qu'une suite de promesses, généralement non tenues, qui n'ont aucune différence temporelle relative entre elles.
4.5.8 L'heure

Unité de temps passé ou à venir, en général difficilement supporté et souvent subjectivement amplifié. Les multiple et sous-multiple, la bonne heure et la petite heure, n'apportent aucune information de durée supplémentaire mais servent à nuancer le degré du désagrément subi.

EXEMPLE 1 : Tu veux bien prendre mes appels ? Je m'absente une petite heure.
EXEMPLE 2 : "Ca fait des heures que je suis sur ce dossier" peut signifier qu'on a passé effectivement des heures à faire autre chose de non nécessairement plus urgent.

NOTE : Le caractère subjectif est encore renforcé lorsque la mesure concerne une quelconque attente. Au-delà d'une certaine exaspération, proche de l'hystérie, l'utilisation de la plombe est recommandée.

EXEMPLE 3 : "Je suis à vous dans une minute" et "Ca fait une plombe que j'attends" peuvent très bien correspondre à une même durée pour le fonctionnaire et l'usager.

 

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